Je me souviens de la première fois où j’ai posé les yeux sur des bottes Engineer, c’était au lycée pendant mon année de terminale, je n’avais pas encore de permis A, ni de permis tout court, ce n’était donc pas dans un contexte lié au deux roues que j’ai découvert ces bottes.
Un matin de fin d’année 1992, un de mes camarades de classe s’est pointé avec des boots noir Carolina au pied. En ce temps où ma préaucupation favorite était portée sur l’apparence vestimentaire, j’ai tout de suite remarqué le caractère spécial que ces boots dégageaient. De plus, je me souviens que mon camarade les portait souvent avec un jean black black, style Levi’s 501, un sweet shirt couleur sombre, et autour du cou, une sorte de foulard noir avec des dessins gris de têtes de mort.
Pour certains autres élèves, mon camarade a dû passer tout à fait inaperçu, mais en qui me concerne, je trouvais qu’il avait de la gueule, le processus d’envie (de porter ces chaussures) naissait, et commençait à faire son chemin dans ma tête.
J’ai attendu de longs mois avant de me décider à émettre l’idée d’avoir ces boots au pied. Pendant cette période, j’ai beaucoup réfléchi, me trouvant sans cesse des raisons pour ne pas me les offrir. D’abord le prix, qui avoisinnait les 1000 francs, ce qui consituait pour moi une coquette somme à investir, mon budget chaussures ne dépassant pas les 350 francs par paire à l’époque ! Puis le style aussi, qui ne correspondait pas tout à fait aux codes vestimentaires dans lequels je m’étais enfermé, à savoir bon chic bon genre, avec pantalons à pinces, et richelieux de circonstance.
Pendant cette longue période d’hésitation, j’ai même acheté une paire de bottines “de subsitution”, (il ne fallait surtout pas acheter les mêmes, je craignais trop d’être accusé par mes camarades de vulgaire copieur !) provenant de San marina, assez pointues dans la forme, proches des santiags dans l’esprit.
En fin d’année scolaire, je ne pouvais plus nier l’évidence : j’adorais les bottes de mon camarade, et il fallait absolument me les procurer, laissant au passage derrière moi toutes les raisons bidons qui m’avaient empêchées de les acheter plus tôt !
C’est aux puces de clignancourt à Paris, que j’ai essayé ma toute première paire de bottes Carolina, en cuir noir. Lors de la séance d’essayage, les sensations ont tout de suite été très fortes et je me souviens que la première surprise a été la hauteur de talon, qui atteint entre 3 et 5 centimètres suivant les modèles. Cette impression était assez destabilisante, mais au final n’était pas gênante. Vu que c’était la première fois que je portais des bottes, le contact de la matière avec le molet et le tibia fut aussi surprenant.
En revanche, la sensation de confort au pied fut immédiate, puisqu’il y avait une couche de matière à l’intérieur de la botte pour amortir le pied. Un autre point agréable aussi, cette impression de pieds sont sous haute protection (c’est l’effet coque métallique sans doute), chaussé de ces bottes superpuissantes, on serait prêt à latter n’importe quoi !!
Ma première paire de bottes Carolina :







